C'est donc tout naturellement que nous nous sommes joints à eux pour cette nouvelle rando dans le lit de la rivière de l'est. Nous sommes une quinzaine à partir en bus de Saint Denis. Il est 5h00 du matin, l'île s'éveille. (ça marche pas avec Paris car il est 2h00 du matin au même instant dans la capitale)
Bob joue la carte de la prudence, pour ne pas arriver cassé le lendemain à son nouveau boulot, et n'est pas du voyage.
2h de virages en lacet plus tard, nous arrivons au gîte du volcan, sur le flan nord du cratère, à l'opposé de notre dernière rando nocturne pour apercevoir la coulée de lave. De ce point de vue en hauteur, on identifie facilement le parcours du jour, qui nous mène au bout de la plaine au "cassé de la rivière de l'est".
Les premiers kilomètres se font sur la corniche avec à notre droite, sous nos pieds, le vertigineux rempart du volcan. Les quelques marcheurs qui se sont accaparés le site et notamment le célèbre "Formica Léo" nous paraissent étonnamment petits.
La progression est aisée dans un sentier en pente douce, dégagé, entouré d'une maigre végétation. Les quelques points de vue magnifiques sur le volcan nous font peu à peu déchanter, en effet les nuages grignotent rapidement le cratère et bientôt nous sommes recouverts d'un épais brouillard.
Le temps d'arriver au "nez coupé de Ste Rose" et une petite pluie fine doublée d'un vent glacial nous oblige à nous couvrir. Le lieu révèle en général une vue magnifique sur les anciennes coulées de lave. Aujourd'hui je n'ai qu'une table d'observation pour imaginer la beauté du site.
La première pause se fait ici. Le credo du club étant que chacun avance à son rythme, du moment qu'il prend du plaisir, et que les premiers attendent les derniers pour effectuer une première pause "goûter" puis pour le repas du midi. D'importants écarts se forment mais chacun est rattrapé par la bonne humeur.
Après la pluie vient le beau temps, et après le chemin pénible vient la ballade. C'est donc dans un même temps que les nuages se dissipent et qu'apparaissent les premiers tamarins, prémices d'une jeune tamarinaie, jalonnée d'un joli sentier souple. Quelques petites ravines asséchées sillonnent ici et là en direction de la plaine.
Plaine que nous ne tardons pas à rejoindre et qui nous offre un nouveau type de paysage hallucinant. Les voyageurs comparent ça à une véritable savane Africaine (d'ailleurs le lieu est appelé "Savane cimetière"). Je reste abasourdi par la variété de décors que l'on a traversé en peu de temps. Nous déambulons quelques temps dans ce vaste espace herbeux à la recherche du chemin.
La distance qui nous sépare du "cassé" étant courte, nous forçons la marche, après avoir retrouvé le sentier, alors que l'heure de l'apéro arrive à grands pas. Le point de vue est une nouvelle fois obstrué par les nuages, mais rien n'entame notre moral lorsque les bouteilles de rhums arrangés aux milles saveurs sont débouchées.
Je ne sais pas si c'est le rhum, la ballade ou la brume, mais le départ se fait difficilement. Je ne vois pas à 20m et j'avoue que j'ai les jambes lourdes. Nous retraversons la plaine dans toute sa longueur. Le cortège s'étire et je peine à rattraper les premiers.
Le soleil prend le dessus une nouvelle fois pour nous faire découvrir le rempart devant nous et le gîte à son sommet. On ne va pas pouvoir y échapper, il faut grimper.
La savane laisse place à une nouvelle tamarinaie à mesure que le sentier rétrécit et commence à monter. J'aurais la chance de croiser une femelle tang (rien à voir avec les chinois qui ont fait fortune dans le 11ème), sorte de hérisson très prisé pour sa viande forte et caramélisée.
La fin du parcours se fait sur une route forestière granuleuse, sous un soleil de plomb, dans une montée infinissable. Les arrivées au compte goutte seront récompensées par une Dodo bien fraîche au gîte.
Aucun commentaire:
Enregistrer un commentaire